Les influences juives de Nietzsche ou la dette (presque) oubliée

17 mars 2010

Nous savons que Nietzsche a été profondément imprégné par «l’Ancien Testament» mais aussi très influencé – et cela est trop souvent passé sous silence- par la pensée de celui qui fut pour un temps son ami, l’intellectuel juif, Paul Rée  .
L’influence de la pensée de ce dernier est honteusement sous-estimée dans l’histoire de la philosophie nietzschéenne, et Nietzsche lui-même n’ est pas étranger à la minimisation de l’apport intellectuel de Paul Rée dans son oeuvre
.

On peut dire que Nietzsche a contracté une dette vis-à-vis de Rée.

L’idée de dette est justement très importante dans la pensée de Nietzsche puisqu’elle est au cœur – comme le précise Patrick Wolting – grand spécialiste du philosophe allemand – de sa manière de «penser les relations inter-humaines au sein d’une communauté». L’auteur d’Aurore avait donc pris comme modèle –ainsi que le souligne encore Patrick Wolting– la relation contractuelle entre créancier et débiteur pour décrire les relations inter-humaines : «la faute est interprétable comme dette, idée que Nietzsche asseoit une nouvelle fois sur l’analyse linguistique».

En effet, Nietzsche s’était basé sur la pluralité des sens du mot schuld qui veut dire à la fois faute, culpabilité mais aussi dette. Il est intéressant de noter que l’«astuce» linguistique que Nietzsche a utilisée pour prouver sa thèse ressemble à l’une des méthodes herméneutiques très souvent employées par les Talmudistes qui recourent depuis des siècles à la polysémie afin de créer de nouvelles exégèses à partir d’un mot qui recèle donc une pluralité de sens.

Revenons donc au «créancier» de Nietzsche pour comprendre en quoi Rée a influencé, voire parfois totalement transformé la pensée de l’ auteur de La Généologie de la morale.

Nous pouvons  dire que son amitié avec Nietzsche eut de grandes repercussions sur l’ oeuvre future du philosophe. Paul Rée fut celui qui introduisit Nietzsche dans le «l’ univers» de l’aphorisme. Ce dernier est la «marque de fabrique» de Nietzsche, à tel point que le regretté Jean-François Lyotard avait déclaré que:«l’essentiel du message de Nietzsche, c’est son style»

En fait, le philosophe Paul Rée a grandement contribué à la création du style aphoristique de Nietzsche et a aussi donné à ce dernier le goût de la psychologie (Nietzsche s’est même défini par la suite comme «psychologue».) On doit souligner l’immense différence de style entre La Naissance de la tragédie (1872) et Humain, trop humain (1878) dans lequel s’ affirme pour la première fois le style aphoristique de Nietzsche. C’est son admiration pour son ami Paul Rée qui amena donc Nietzsche à se tourner vers cette forme littéraire.
Paul Rée était en effet un admirateur des maîtres français de l’aphorisme tels que Chamfort et surtout La Rochefoucauld dont les Maximes étaient le livre de chevet. Paul Rée s’était déjà essayé à l’écriture d’un livre d’aphorismes en publiant en 1875 son œuvre maîtresse, Observations psychologiques (on notera une nouvelle fois avec attention que le livre de Rée traite de psychologie, discipline qui sera par la suite au cœur de l’œuvre nietzschéenne). Nietzsche fut emballé par le livre de Paul Rée qu’il loua avec vigueur. Dirk R. Johnson expliqua que «Nietzsche fut introduit à une tradition culturelle autre que germanique, en particulier celle des moralistes français, grâce au cosmopolite Paul Rée qui vécut en France».
On peut même aller plus loin puisque certains aphorismes de Nietzsche dans Humain, trop humain(1878) sont presque des répliques exactes des aphorismes écrits par Rée dans Observations psychologiques (1875). En effet, Rée a écrit qu’«Il est plus facile de s’abstenir des plaisirs sensuels plutôt que de les vivre avec modération», Nietzsche, quant à lui, écrira par la suite cet aphorisme : «Il est plus facile de renoncer au désir que de le vivre avec modération…».
On peut aussi trouver «troublante» la ressemblance entre le titre du livre de Paul Rée publié en 1877,L’ Origine des sentiments moraux 
et celui de Nietzsche publié en 1887 et qui
s’ intitule  La Généalogie de la morale…
C’est donc Paul Rée qui introduisit l’idée qu’il pouvait y avoir une approche «historique» du sens moral. 
L’influence de Rée sur Nietzsche fut si grande qu’un vieil ami et admirateur de Nietzsche, Erwin Rohde, fut tellement déstabilisé (et il ne fut pas le seul) par le changement de cap stylistique et philosophique de l’auteur de La Naissance de la tragédie, qu’il écrivit à Nietzsche une lettre empreinte de tristesse après la lecture de Humain, trop humain : «Je vous le dis ,mon ami, que cette surprise fut douloureuse. Comment peut-on enlever une âme et la remplacer par une autre ? Comment Nietzsche a t-il pu soudainement devenir Rée ?» (lettre du 16 juin 1878).
D’ autres proches de Nietzsche telle que Cosima Wagner (fille de Franz Liszt et seconde femme de Richard Wagner) attribua à « l’esprit juif » de Paul Rée le changement stylistique et philosophique de Nietzsche…

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet et je ne peux que vous renvoyer au passionnant livre de Robin Small, Nietzsche and Rée; a star friendship, qui décrit avec énormément de brio l’influence de Rée sur Nietzsche. Ce livre fut accueilli avec beaucoup d’intérêt par de nombreuses revues philosophiques y compris par Anthony K.Jensen du Journal des études nietzschéennes.
Le problème est que Nietzsche ne cita que très peu de fois et de façon très brève son ami Paul Rée. Nous pensons que cet «oubli» est une faute (schuld) et une dette (schuld) dont la pensée nietzschéenne reste encore coupable (« 
schuldig »)…

Frédéric Sroussi


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La perte des «ressources immatérielles» d’Israël consistue un grave danger pour l’État juif

08/08/2013

L’officier français David Galula,(1919-1967) est considéré par le hautement estimé général américain David H. Petræus  comme «le Clausewitz de la contre-insurrection ». Le général américain qui fut – entre autres – ancien commandant des forces américaines en Afghanistan en 2010 et 2011, commandant de la Force Internationale en Iraq en 2007 et 2008 puis directeur de la CIA entre 2011 et 2012, considère le manuel de la contre-insurrection de l’officier juif français né à Sfax (Tunisie) comme «le plus grand et le seul livre jamais écrit sur la guerre non conventionnelle ». Étrangement, David Galula est un quasi-inconnu en France alors que sa pensée est « la principale source du manuel de Contre-Insurrection publié en 2006 » par l’Armée américaine.

Même si nous pouvons émettre (modestement) quelques réserves quant à l’importance exagérée accordée par Galula à la politique qui devient par elle-même  «fonction opérationnelle » dans la guerre d’insurrection et de contre-insurrection, il n’empêche que son manuel est un ouvrage essentiel à lire.
C’est dans ce livre que Galula nous parle de l’atout que représentent les «ressources immatérielles» pour «l’insurgé», (que nous préférons appeler dans le cas qui nous intéresse le ‘’terroriste’’).
La ‘‘ressource immatérielle’‘ des terroristes qui frappent Israël (qu’elle soit de type nationaliste et/ou religieuse) est extrêmement puissante. Mais quelle est-elle ?
Pour Galula la réponse est claire et essentielle : « L’insurgé possède un atout considérable : la puissance idéologique d’une cause sur laquelle baser son combat ».
Nous pouvons dire que les «Arabo-musulmans» (expression toujours un peu bancale d’un point de vue terminologique) possèdent bien plus que les Israéliens la puissance idéologique qui stimule leur «cause». Les Arabes ne lâchent rien quant il s’agit de combattre Israël.
Leurs opinions, leurs décisions, leur mentalité sont inconditionnellement basées sur l’idée pathologiquement fantasmatique, que tous leurs maux viennent de l’État juif qui serait une entité coloniale. Dès lors, leur seule mission – qui peut être jugée ‘’métaphysique’’ –  est de détruire les Juifs d’Israël et d’ailleurs (les nombreux attentats contre des cibles juives en dehors d’Israël sont les révélateurs que la haine arabo-musulmane  est dirigée contre tous les Juifs et non «seulement» contre les Juifs israéliens !).
Alors que les pseudo-élites israéliennes de gauche (et leurs sympathisants) usent à outrance de la ratiocination quant à la légitimité du bien fondé de leur  présence en Israël, les arabo-musulmans ne se posent absolument aucune question quant à la «suprématie » de leurs thèses, croyances et revendications fantasmatiques. Leurs « ressources immatérielles » sont presque indestructibles alors que celles des israéliens sont faibles car le peuple juif est influençable et trop peu sûr de son bon droit (il a malheureusement introjecté les diffamations des centaines de millions d’antisémites qui sévissent depuis des millénaires. ). Comme le disait si magistralement la psychanalyste et philosophe, Éliane Amado Lévy-Valensi (je cite de mémoire): « L’objectivité pour les Juifs est de s’attribuer la subjectivité de leurs ennemis ».
 Les «ressources immatérielles » de l’État hébreu n’ont donc de cesse de décliner car de très nombreux Israéliens voient dans les idéaux du sionisme, du judaïsme et de la Nation unitaire des valeurs dépassées par un universalisme fictif.
C’est pour cela qu’il faut renforcer les idéaux juifs et sionistes des israéliens tout en s’attaquant de manière impitoyable– comme l’explique si bien l’officier français J. Hogard – à « l’ infrastructure de cadres, d’agitateurs et de propagandistes qui établissent leurs réseaux dans tout le pays à pourrir » . Vous aurez évidemment reconnu les imams, les prédicateurs musulmans et les recruteurs en tous genres qui sévissent quasiment impunément en Occident aussi bien qu’à Gaza, en Judée-Samarie («Cisjordanie»), en Égypte ou au Yémen, par exemple et de plus en plus sur Internet.
Ce n’est pas en distribuant des dragées ou en libérant des terroristes qu’on gagne une guerre contre-insurrectionnelle. Il est important de noter que  je ne différencie pas la guerre contre-insurrectionnelle  d’une guerre contre-terroriste tant le modus operandi du terrorisme et de l’insurrection est souvent identique.
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Frédéric Sroussi
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Le nihilisme dialectique du messianisme juif

11/09/2013
Le nihilisme paraît avoir envahi (à nouveau) le champ social, ainsi que sociétal et politique.
Presque chaque époque a ressenti, plus ou moins,  une «idéologie du déclin » dont le corrélat est le nihilisme (du latin, nihil, «rien »). Le nihilisme n’accorde de l’importance qu’à la destruction et au néant.
Après tout, pour ne citer que lui, Chateaubriand écrivait entre septembre et novembre 1841 (au Livre X des Mémoires d’outre-tombe ) : « Le vieil ordre européen expire…il n’existe plus rien : autorité de l’expérience et de l’âge, naissance ou génie, talent ou vertu, tout est nié…» (en tous cas ces propos paraissent d’une brûlante mais pas étonnante  actualité !).
Comme l’explique si pertinemment la philosophe Denise Souche-Dagues, il existe plusieurs sortes de nihilisme (nihilisme nietzschéen, nihilisme romantique, nihilisme postmoderne, etc.).
Nietzsche et Max Weber, par exemple, constatent l’absence de rationalité des valeurs.  Weber parle alors de la «guerre des dieux», c’est-à-dire de la guerre des valeurs qui ne peuvent plus être hiérarchisées dans un monde post-métaphysique dans lequel Weber «ôte aux valeurs un autre responsable que le sujet qui les pose… » (Denise Souche-Dagues).
Pour Nietzsche comme pour Weber, les valeurs « péremptoires » ne valent justement plus rien, ce qui a pour conséquence principale de faire le nid du nihilisme.
Mais le nihilisme est une dialectique féconde comme le démontre Nietzsche dans Ainsi parlait Zarouthoustra , lorsque qu’il « signifie apparemment que la néantisation radicale de toutes les valeurs reconnues…fonctionne comme une jachère qui permet à la «vertu » de refleurir. Le nihilisme se transmuerait donc de lui-même en puissance de rajeunissement, en une force de résurrection. » (Denise Souche-Dagues; Nihilismes ).
Dans le mouvement romantique,  la dialectique du nihilisme existe aussi car le nihilisme se transforme aussi immédiatement en son contraire – même s’il s’agit d’art – : « La destruction n’est que le moment propédeutique de l’infinitisation authentique du sujet par l’art » (D S-D).
La question est la suivante : le judaïsme a-t-il un rapport quelconque avec le nihilisme ? Fait-il partie de sa tradition ? Et si oui, où peut-on en trouver la trace ?
Il nous apparaît que c’est dans la pensée de Rabbi Yehouda  Lœw ben Bezalel, plus connu sous le nom du Maharal de Prague (1520-1609) que la dialectique du nihilisme trouve son occurrence judaïque.
Dans l’excellent livre du philosophe Benjamin Gross intitulé Le messianisme juif dans la pensée du Maharal de Prague, le professeur Gross rappelle que selon le Talmud (Lamentation Rabba, chap.I.) : «Le jour de la destruction du Temple est né le consolateur ».
Le messie (ou du moins sa naissance symbolique, en attendant sa naissance physique) est donc né le jour de l’une des plus grandes tragédies que le peuple juif ait connu dans son existence parsemée de malheurs.
Ainsi, comme l’explique Benjamin Gross : « La naissance du Messie, la possibilité de sa venue s’attache donc à la destruction du Temple ; une diminution d’être constitue un  appel vers l’actualisation d’un nouvel être. Ce dernier sera d’autant plus riche. Il renfermera en lui un degré de plénitude et de totalité d’être d’autant plus élevé qu’il se dégagera d’un néant plus absolu. »
Pour le Maharal de Prague,  toute nouvelle existence est précédée d’un néant.
Il est aussi intéressant de noter qu’en hébreu, «je» se dit ‘’ani’’  et que son anagramme  donne le mot ‘’eyn’’ qui signifie «rien» (nihil en latin).
Est-ce à dire que le Messie viendra quand l’Ego (le «Je») et l’arrogance d’une très grande partie du monde auront été détruits pour laisser la place à la croyance en l’Être supérieur, c’est-à-dire le Dieu d’Israël, afin d’anéantir la déification du Moi et peut-être par là-même de détruire les idéologies construites par la vanité de l’homme produisant des métarécits qui veulent expliquer la totalité de l’Existence ?
Frédéric Sroussi
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Modernité, crise d’identité et expansionnisme de l’ islam

14 janvier 2015

L’ Occident est victime d’ une nouvelle crise d’identité causée par une défiance aiguë vis-à-vis d’une modernité qui l’effraie par son aspect particulièrement «transitoire, fugitif et contingent » (Baudelaire).

Comme tout malade, l’ Occident est inquiet et l’ inquiétude, comme le rappelle l’excellent Jacques Le Rider, est une marque de la modernité.
Dans la condition moderne, «l’individu se trouve mis au défi de maîtriser par les seules forces de sa subjectivité des problèmes qui le dépassent largement  : crise du sujet social et politique face aux conséquences, parfois même à l’ échec des grandes stratégies d’émancipation, et face au relâchement des forces traditionnelles d’intégration culturelle…».(1)
L’individu n’ est plus structuré par la tradition dont la modernité fait tabula rasa. Il existe une  tendance dans une partie de la jeunesse d’ aujourd’hui’ hui à mépriser avec une assurance déconcertante tout ce qui n’est pas issu de l’ instant  :« Je n’ étais pas né disent-ils , comment le saurais-je  ?».  L’ histoire, donc les racines de l’individu (pour le meilleur ou pour le pire) structure le sujet en lui offrant une généalogie, une durée qui l’ inscrit dans un temps dont le passé n’est pas forclos. Comme l’écrivait Nietzsche, grand pourfendeur de la modernité,  : «  L’ homme «fort» sera celui qui saura construire son identité en intégrant tout son passé au moi présent». (2)
La crise généalogique de l’individu déstructure les bases identificatoires du sujet moderne qui par conséquence se retrouve sans repères face à un avenir sans lien avec le passé : déstructuration temporelle.
Pout beaucoup d’occidentaux l’ existence est donc devenue un simple passage qui ne mène à rien, le «  nomadisme» pour le
«  nomadisme  » (concept si cher à « l’homme sans qualités »(Musil) que représente, par exemple, un Jacques Attali ). À la différence de Kafka qui écrivait : «Il y a un but mais pas de chemin  ; ce que l’on nomme chemin est hésitation  », le sujet moderne prend plutôt un chemin sans but…
Cette société du passage dans laquelle les identités se bousculent à l’ intérieur du même moi crée une crise même de cette
« identité » polymorphe.
La fallacieuse «  Théorie du genre  » est le symbole pathologique du «  non-accomplissement de l’ identité  », comme le dit Jean Florence en parlant du moi freudien.
Deux options seront donc retenues par le sujet moderne en crise  : soit rester en «  disponibilité » identificatoire («  refusant les identifications hâtives  »; Jacques Le Rider), soit tenter de sauver son identité par le biais d’ une identification à des causes extérieures que sont «  les rôles sociaux ou les causes idéologiques  » (3). Et c’ est ici que la religion absolument dogmatique et totalement passéiste qu’est l’ islam, devient pour les perdus de la modernité un (illusoire) support.
L’islam a de nombreux «  avantages  » pour ceux qui sont en recherche d’ une identité stable puisant ses racines dans une tradition basée sur l’ idée d’ un passé glorieux fantasmé.
Ce retour en arrière plonge le musulman ou le futur prosélyte au cœur d’ une lignée généalogique et tribale dans laquelle l’identité d’ appartenance ne se pose plus. On appartient à l’Oumma, c’ est- à -dire à une totalité refermée sur elle-même qui,  à l’ image des sectes, condamne l’ individualisme et le monde extérieur (non musulman bien évidemment).
Des lors, le problème d’ identité du sujet se trouve artificiellement réglé par l’ «  arraisonnement  » du «moi  » par un «  nous  » .
L’ individu n’est donc plus abandonné à lui-même car il appartient à  une grande communauté.
Les musulmans feignent donc de posséder une identité reconstruite et stable alors qu’ elle n’ est qu’ une « identité » totalisante, c’ est- à -dire, une « identité» collective dans laquelle l’ individu ne s’ appartient plus.
Rien n’est en fait réglé car le moi labile du sujet (et ses représentants inconscients) n’a pas disparu pour autant et le retour violent du refoulé l’ attend au détour du chemin.
L’ islam apporte aussi un «  avantage  » indéniable pour ceux qui rejettent la civilisation occidentale  !
Dans Malaise dans la civilisation (ou dans la culture, selon les traductions), Freud explique que  : « (Le) remplacement de la puissance de l’ individu par celle de la communauté est le pas culturel décisif. Son essence consiste en ce que les membres de la communauté se limitent dans leurs possibilités de satisfaction, alors que l’ individu isolé ne connaissait pas de limite de ce genre  ». Freud ajoute:  «  La liberté individuelle n’est pas un bien de culture. C’est avant toute culture qu’ elle était la plus grande, mais alors le plus souvent sans valeur, parce que l’ individu était à peine en état de la défendre. Du fait du développement de la culture, elle connaît des restrictions et la justice exige que ces restrictions ne soient épargnées à  personne».
De ce fait, Freud explique que «  ce qui bouillonne  dans une communauté  humaine en tant que poussée à la liberté peut-être révolte contre une injustice existante et ainsi être favorable à un développement ultérieur de la culture et rester conciliable avec la culture. Mais cela peut aussi être issu du reste de la personnalité originelle, non domptée par la culture, et devenir le fondement de l’hostilité à la culture  ».
Ainsi, nous pouvons dire que l’ islam «offre  » la possibilité à la communauté (l’ oumma) de se comporter comme un individu non dompté par la culture tout en gardant l’approbation et l’ amour de la société (musulmane), donc de la «civilisation»: On peut tuer, violer, voler mais au nom de l’islam  donc avec l’ accord de la société (musulmane) et d’ Allah !
L’ islam affecte le rigorisme, ce qui répond en partie aux besoins d’ ordre et de morale d’ un individu non totalement dénué de «  culture» afin de leurrer et de «contenter  » le surmoi ( dont la fonction consiste à juger le Moi). Mais la vérité est toute autre! Violence et soumission (traduction du mot islam) sont les maîtres mots de cette religion.
Les pires pulsions sont donc cautionnées par la «  Cause  » comme cela se passe dans la plupart des idéologies totalitaires  !
Les crises d’ identités touchent des millions d’ individus en ces temps de perturbations sociétales.
Face aux crises d’ identité et aux familles décomposées, l’ aspect clanique revient donc en force et le tribalisme arabo-musulman est un facteur fort important du ciment quasi-incestueux des sociétés musulmanes.
L’islam est une secte et comme toutes les sectes son processus se développe en trois temps ( comme l’ explique le psychiatre et criminologue Jean-Marie Abgrall) : 1) séduction, 2) destruction 3) reconstruction à l’ image de la secte.
L’ islam est la plus dangereuse secte mondialisée et il est plus que temps de lui mener une véritable guerre tant sur les plans policier et militaire que sur le plan idéologique.

Frédéric Sroussi

(1)  Jacques Le Rider ; Modernité viennoise et crises de l’ identité (Quadrige/Presses Universitaire de France)
(2) Friedrich Nietzsche;  Le crépuscule des idoles 
(3)  Jacques Le Rider ; Modernité viennoise et crises de l’ identité (Quadrige/Presses Universitaire de France)

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La menace nucléaire iranienne et la crise des missiles de Cuba : un parallèle historique ?

12/03/2012

En octobre 1962, en pleine Guerre Froide, le gouvernement Kennedy puis le peuple américain apprirent avec stupeur l’installation à Cuba de missiles soviétiques SS-4 dotées de têtes nucléaires.

Par Frédéric Sroussi

F.Sroussi est journaliste et essayiste (Israël)

La superpuissance américaine se mit à trembler face à cette menace jugée par le Président Kennedy comme «…mortelle pour toutes les grandes villes américaines et canadiennes».

Le gouvernement de John Fitzgerald Kennedy se dit alors prêt à risquer la guerre pour défendre les intérêts vitaux des États-Unis. Le monde affolé était au bord d’un conflit nucléaire entre les titans soviétique et américain.

La crise fut résolue grâce à l’habilité et surtout à l’extrême fermeté de JFK qui était déterminé à utiliser tous les moyens pour défendre son pays contre une menace aussi lourde de conséquences.

Par ce retour sur l’épisode de la crise des missiles de Cuba, je veux surtout souligner (et dénoncer) la criminelle hypocrisie du gouvernement de Barak Hussein Obama (et de l’Occident en général !) qui fait pression sur l’État hébreu pour que ce dernier retarde encore et encore les drastiques mesures qui s’imposent immédiatement pour éliminer la menace existentielle qui pèse sur la tête de près de 6 millions de Juifs israéliens.

L’Occident devrait se souvenir du vent de panique qui traversa les foyers d’uneAmérique pourtant peuplée à l’époque d’environ 180 000 000 d’ habitants.

Aujourd’hui, sans même parler de la menace nucléaire iranienne, les services de renseignements israéliens estiment à 200 000 le nombre de roquettes et missiles pointés sur l’État juif à partir des territoires iranien, syrien, libanais et gazaoui (faudra-t-il bientôt ajouter les missiles égyptiens à cette liste ? C’est malheureusement bien probable).

De plus, malgré ce qu’en pense l’ancien patron du Mossad et nouveau caniche d’Obama, Meir Dagan, les Iraniens ne peuvent être présentés comme rationnels (à la différence, malgré tout, de l’URSS lors de la Guerre froide). Les Iraniens disent qu’ils accomplissent la volonté d’Allah et pour eux rien n’ est supérieur à cette «mission divine». Dès lors, comment la Raison pourrait-elle l’ emporter ?!

Si la gigantesque et surpuissante Amérique craignit le pire pour sa sécurité en cette année 1962, il est alors aisé de deviner le sentiment qu’éprouveront les habitants d’un pays comme Israël -dont la superficie est plus de deux fois inférieure à celle du lac Michigan – face à des missiles nucléaires iraniens disposés sur son palier…

Frédéric Sroussi pour Israël-flash

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L’intégrisme musulman, composante essentielle depuis ses origines du terrorisme palestinien

09/05/2012

Djihad Islamique Palestinien, Hamas, Brigades des Martyrs d’ Al-Aqsa (appartenant au Fatah), les mouvements terroristes palestiniens les plus actifs ont presque toujours été liés – malgré des apparences volontairement trompeuses –  au fondamentalisme islamique le plus virulent (nous laissons de côté dans cet article la réelle idéologie marxiste-léniniste de l’atypique FPLP du non-musulman Georges Habache ).

Les trois groupes terroristes fondamentalistes cités plus haut ont fait leur apparition entre la fin des années 1970 et le début des années 2000.

Par contre, on sait moins que la figure la plus tristement célèbre du mouvement «nationaliste» palestinien, Yasser Arafat, était très proche, au début des années 1950 (du temps où il vivait en Égypte où d’ailleurs il est né), des très intégristes Frères Musulmans. Yasser Arafat et ses compagnons d’armes du Fatah fondé en 1958 (selon les dires même d’Abou Iyad ), quittèrent l’Égypte nassérienne panarabiste pour s’installer dans les pays du Golfe où le climat religieux était nettement plus rigoriste qu’en Égypte dans laquelle Nasser avait commencé à faire la chasse aux Frères Musulmans. Ces derniers voulaient – tout comme ils le souhaitent encore aujourd’hui dans cette période post-Moubarak – créer un État islamique en Égypte.

Selon notre thèse, Arafat, stratège par excellence, ne chercha pourtant pas à organiser sa lutte armée contre les Juifs en recourant officiellement à l’islam (il le fera en fait plus de 40 ans après en déclenchant son «Intifada Al-Aqsa») car la mode protestataire à l’époque de la création du Fatah n’était pas l’islamisme mais la décolonisation et la lutte contre

l ‘«Impérialisme». Yasser Arafat sut parfaitement utiliser ce levier en surfant sur cette lame de fond idéologique pour se faire des alliés parmi toutes les dictatures communistes du monde entier (l’URSS et ses satellites, la Chine, Cuba, etc…) afin de lutter contre Israël au nom d’un combat pour la «décolonisation».

Mais Yasser Arafat n’oublia jamais qu’il était avant tout un combattant de l’islam . Comme l’écrivent les journalistes Christophe Boltanski et Jihan El-Tarhi dans Les Sept vies de Yasser Arafat : «Yasser Arafat milite [en Égypte] aux côtés des Frères Musulmans […]. Avec son groupe d’étudiants , il participe à des entraînement militaires organisés par les islamistes à l’intérieur même du campus […]. Une fabrique de bombes artisanales a été installée dans les locaux de la faculté des sciences(…). Hassan Douh, membre de l’association des Frères Musulmans, se félicite encore aujourd hui d’avoir recruté ce jeune palestinien[…]. Arafat est un pieux musulman. Il accomplit ses cinq prières quotidiennes, ne boit jamais une goutte d’alcool et respecte le jeûne […] du Ramadan. Il est entouré de membres de la Confrérie. Tous ceux qui vont fonder le Fatah en sont issus [à l’exception de Farouk Kadoumi, venu du Baas]. »

Ajoutons que Khalil al-Wazir ,l’un des fondateurs du Fatah et chef de son «aile militaire» (nommée Al Assifa), prit le nom de guerre de Abou Djihad (Père du Djihad). Ce pseudonyme nous paraît très révélateur de l’emprise profonde de l’islam sur les fondateurs «palestiniens» du Fatah .

Mais, Arafat, le dissimulateur par excellence, montra à nouveau ouvertement son vrai visage de musulman intégriste en soutenant activement la Révolution islamique iranienne en 1979.

Ali Khamenei en personne, l’actuel «Guide Suprême» de l’Iran, reçut un entraînement militaire dans les camps de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) au Liban.

Comme l’explique l’ancien agent de terrain de la CIA, Robert Baer dans son ouvrage, La Chute de la CIA : «Autre fait passé sous silence dans le sillage des succès d’Arafat à Oslo et Stockholm, le mouvement de libération palestinien a joué un rôle non négligeable dans la révolution iranienne de 1979. En 1972, l’ayatollah Khomeiny et Arafat signaient un accord à Najaf, en Irak, pour former des combattants islamiques dans les camps du Fatah, au Sud-Liban.

Presque tous les chefs de la révolution iranienne sont passés par ces camps, qu’il s’agisse du propre fils de Khomeiny, Ahmad ou de Moustapha Chamran, le premier commandant des Pasdarans iraniens. Quand Khomeiny rentra à Téhéran le 1er février 1979[…], le premier coup de fil qu’il reçut – rien de surprenant à cela – provenait de Yasser Arafat[…].Le 18 novembre 1979, Arafat avait envoyé des consignes claires à tous les cadres du Fatah, leur enjoignant de fournir «toute l’assistance nécessaire» pour défendre la révolution iranienne. »

L’histoire des «Palestiniens » qui débute au XXème siècle avec comme premier leader, le Grand Mufti de Jérusalem, l’allié de Hitler, Hadj Amin Al-Husseini, est donc depuis sa fondation et jusqu’à aujourd’hui imprégnée profondément de l’islam qui a toujours favorisé la violence, l’intégrisme, l’impérialisme, le rejet de l’ autre et l’intolérance.

Frederic Sroussi – rédaction israel-flash

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La laïcité au service de l’islam ou quand la laïcité se retourne contre ses propres principes

11/12/2012

De plus en plus d’initiatives sont prises en France (mais pas seulement) pour interdire tout symbole qui pourrait, à l’approche des fêtes de fin d’année, rappeler Noël.Les sapins, les chants de Noël – etc, sont abolis au nom de la laïcité.

Le problème réside surtout dans le fait que ces actions ne sont pas exemptes d’arrière-pensées. La laïcité (et non le laïcisme) est une bonne chose pour un État comme la France mais il faut remarquer qu’elle est devenue paradoxalement un prétexte pour renforcer les revendications des musulmans (avec l’aide de la gauche en général).

C’est «pour ne pas froisser les jeunes musulmans» que les symboles de Noël sont expurgés des écoles par exemple.

Le but de ces opérations est donc de creuser toujours un peu plus les sillons dans lesquels les graines de la haine musulmane poussent avec encore plus de facilité et de force.

Nous pourrions faire un parallèle entre ces initiatives déviantes de la laïcité (puisqu’elle arrose le terreau de l’islam en desséchant celui des autres religions existantes en France) et ce que disait le philosophe Theodor W. Adorno lorsqu’il mettait en garde contre «la déraison de l’action rationnelle» (T.W Adorno, La Psychanalyse révisée).

La laïcité ne serait-elle pas aussi – tout comme la raison chez Adorno – en train de se retourner contre elle-même, de s’ autodétruire en se détournant de ses objectifs initiaux pour le plus grand bien de l’islam conquérant ?

Frédéric Sroussi – rédaction israel-flash 

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